Voir Châteauroux et mourir
Extrait

 

 

Je gare entre deux arbres ma Porsche Carrera. Je viens de l’acheter la veille sur Internet. Il fait beau. C’est un lundi de septembre un rien frisquet qui sent la rentrée. J’ai eu 25 ans la semaine précédente. J’ai un moral d’acier.
Je descends de voiture, lui jette un coup d’œil sympathique de nouveau propriétaire, regarde autour de moi. Je suis sur un parking ombragé, place Lafayette, à Châteauroux.
Brusquement, ce petit pincement au cœur me reprend. Qu’est-ce qu’un type comme moi, plutôt cool et beau garçon, vient faire dans cette cambrousse paumée ? C’est la question que je me suis posée pendant ce bel embouteillage pour sortir de Paris, puis, durant les longues heures d’autoroute, avant d’échouer dans cette ville naze.
Car, rappelons-le, je suis Franck Baluze, que ses copains de fac enviaient, que la totalité des filles rêvent de fréquenter. Je suis ce genre de mec que l’on voit dans les pubs et les journaux people avec un regard bleu acier, des dents blanches étincelantes.
Je regarde rapidement mon image dans une vitrine. Mon costume gris anthracite me va superbement, mettant en valeur cette chemise bleu nuit, assortie à une cravate de même coloris. Chaussures noires en cuir, lunettes de soleil free, me donnent un côté baroudeur. C’est la grande classe.
Alors pourquoi ?